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Itinérance en Montérégie

Sondage sur l'itinérance des femmes en Montérégie: L’itinérance des femmes, vers un meilleur partage des connaissances et des pratiques


Le 24 septembre dernier, la Table itinérance Rive-Sud a tenu une rencontre de travail sur les résultats du sondage sur l'itinérance des femmes en Montérégie. 

 "Itinérance en Montérégie: comprendre le phénomène et identifier les besoins"- Collectif de Recherche sur I’Itinérance, la pauvreté et l’exclusion sociale (CRI) (octobre 2003)

"Si Montréal a été plus que d’autres, une ville frappée par le phénomène des crises économiques, de la désinstitutionnalisation en psychiatrie, de la gentrification et de la pauvreté à grande échelle, d’autres transformations sociales plus récentes ont eu pour effet de créer des poches de pauvreté dans des régions traditionnellement épargnées par ces problèmes. La Montérégie, deuxième région sociosanitaire géographiquement avec ses 11 074 km2, n’échappe pas à cette réalité.

C’est le cas, notamment, de la Rive-Sud où la pauvreté extrême se manifeste sous différentes formes depuis quelques années. Selon les études exploratoires effectuées à ce jour, la région serait grandement touchée par le phénomène de l’itinérance. Les tendances observées ailleurs, en termes d’accroissement quantitatif du phénomène, de diversification des populations touchées et d’aggravation des problèmes associés, ont également été remarquées dans ces travaux. Les dynamiques sociales d’appauvrissement dans la région, de même que la situation extrêmement précaire de certains groupes très vulnérables (entre autres, les jeunes adultes sortant des milieux de protection, les individus aux prises avec des problèmes de santé mentale et résidants dans des ressources privées à but lucratif, les femmes en difficulté) sont susceptibles d’accroître le phénomène dans les années à venir.

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Depuis plusieurs années, une part de plus en plus importante de la clientèle des organismes en Montérégie (par exemple, en sécurité alimentaire, en travail de rue, auprès des populations et familles démunies, en santé) apparaît en situation de grande précarité et à risque d’itinérance. La présence cumulée de problématiques telles que la nondisponibilité de logements abordables adéquats, la faiblesse des revenus pour des individus et des familles, l’absence de réseau de support et d’un milieu d’ancrage valorisant et significatif, la présence de problèmes de santé mentale et de toxicomanie peuvent expliquer en Montérégie l’augmentation des populations touchées par le phénomène de l’itinérance depuis quelques années.

Par ailleurs, pour un bon nombre de sous-régions de la Montérégie l’absence de ressources et la question de l’isolement dû au manque flagrant de transport en commun, contribue à l’inaccessibilité des quelques services existants. Les situations de grande vulnérabilité se multiplient et préoccupent les acteurs des différents milieux".

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Granby- Haute Yamaska
L’itinérance en hausse en Haute-Yamaska : des chiffres qui parlent !

Alors que le nombre de demandes d’hébergement à l’Auberge sous mon toit a augmenté d’environ 43% entre 2010 et 2012, l’organisme est passé, cette année, de 15 à 9 lits pour les non-judiciarisés, faute du non-renouvellement du financement avec Service Canada.

Presque inexistantes en 2009-2010, le nombre de femmes sans domicile fixe a grimpé de manière spectaculaire depuis deux ans. Lors de la dernière année, elles constituaient plus de la moitié de la clientèle de la Halte-crise d’Entr’elles. « En 2011-2012, 45 femmes hébergées qui étaient sans domicile fixe sur 89. C’est plus qu’une femme sur deux », a précisé Stéphanie Archambault, intervenante. Durant l’année 2012-2013, ce sont 51 femmes qui étaient sans-abri sur 74 hébergées, soit 69%. Le nombre de demandes d’hébergement liées à l’itinérance devient de plus en plus inquiétant. Durant la même période, sur 40 refus, 23 l’ont été par manque de ressources humaines ou matérielles, soit plus de 57%.

Devant l’accroissement des demandes d’hébergement de personnes en situation d’itinérance, l’organisme Transition pour elles a commencé, en 2011, à compiler le nombre de demandes de femmes sans domicile fixe. Entre le 1er avril 2012 et le 31 décembre 2012, l’organisme a refusé 35 demandes d'hébergement sur 82, attribuable en grande partie au manque de place disponible et donc au financement insuffisant. Sur les 47 femmes hébergées, 19 se trouvaient en situation d’itinérance, soit 40% du nombre de femmes hébergées.

En 2011, 346 dîneurs venaient manger au Partage Notre-Dame. En 2012 se chiffre a grimpé à 616, soit une augmentation du nombre de dîneurs de 78% entre 2011 et 2012.
SOS Dépannage note une augmentation de 20% des demandes d’aide alimentaire entre 2011 et 2012. Cette augmentation est sensiblement la même que durant les 5 dernières années.

En 2012-2013, La Maison d’hébergement Le Passant a pu bénéficier exceptionnellement d’une enveloppe de la SPLI qui lui a permis de passer de 17 à 26 lits et d’aider 214 personnes supplémentaires en un an. Ceci a permis de répondre temporairement à l’augmentation du phénomène de l’itinérance. Malgré cette augmentation de lits disponibles, l’organisme a dû refuser 320 demandes, faute de place. La SPLI étant une enveloppe non-récurrente, l’organisme risque fort bien de revenir au nombre de 17 lits et d’essuyer un nombre de 660 refus pour l’année prochaine, comme ce fût le cas en 2011-2012.

Devant cet état de la situation, un financement adéquat et récurrent est plus que nécessaire afin répondre à l’augmentation du phénomène de l’itinérance.
Source : groupe actions solutions pauvreté (GASP), compilation février 2013.

Avis du GASP "Pour un plan d'action ambitieux en itinérance à l'échelle du Québec"

En avril 2014, le GASP a produit un avis intitulé « Pour un plan d’action ambitieux en itinérance à l’échelle du Québec » qui fut déposé au Gouvernement du Québec afin de presser le gouvernement entrant à donner suite à la politique en itinérance adoptée en février 2014. Cet avis dresse un état de la situation dans la région et présente les mesures prioritaires à mettre en place sur le territoire.

Les organismes travaillant en itinérance en Haute-Yamaska notent une augmentation du phénomène de l’itinérance en Haute-Yamaska.
Voici quelques données nous permettant de réaliser la détérioration de la situation au fil des années dans plusieurs ressources situées à Granby :
Auberge sous mon toit : (pour jeunes hommes en difficultés) a accueilli, en 2010, 122 individus sur 326 demandes d’admission, (ce qui équivaut à 63% de refus).
Le Passant : (pour hommes en difficultés) a hébergé, en 2010, 276 individus sur 945 demandes, (soit 71% de refus). Pour la période du 1 er avril au 30 septembre 2011, Le Passant note une augmentation de 33% de refus par rapport à la même période en 2010.
Halte-Crise : (pour femmes en difficultés) La Halte-Crise de l’organisme Entr’elles a observé une augmentation des demandes de 16% entre 2010 et 2011 uniquement pour les personnes sans domicile fixe.
L’Azimut : Le récent projet Azimut offre des interventions individuelles et de groupes. Il agit au niveau de la prévention et accueil entre 35 et 40 personnes quotidiennement. L’organisme a été mis sur pied grâce à la concertation des groupes du milieu. Son existence est compromise par manque de financement.

Les ressources d’aide alimentaires de la Haute-Yamaska n’arrivent plus à répondre aux besoins croissants. Par exemple, en 2011, 346 dîneurs venaient manger au Partage Notre-Dame, en 2012 se chiffre a grimpé à 616, soit une augmentation de dîneurs de 78% entre 2011 et 2012. SOS Dépannage note une augmentation de 20% des demandes d’aide alimentaire depuis 5 cinq années consécutives. Cette augmentation a connu un record cet été puisque l’organisme a essuyé une hausse des demandes de 20% seulement pour l’été 2013. Le Centre d’action bénévole de Waterloo offre le dépannage alimentaire seulement deux jours par semaine alors qu’il y a des besoins pour tous les jours de la semaine. Partout, les besoins pleuvent et les organismes font des miracles avec des budgets limités, en se désolant de ne pouvoir répondre aux demandes croissantes.
En Haute-Yamaska, le GASP soutient depuis plusieurs années la corrélation entre la faible proportion de logements sociaux et le phénomène de l’itinérance dans notre région. Cette difficulté d’accès aux logements sociaux se traduit notamment par une forte proportion de la population consacrant plus de 30% de leur revenu au logement. La ville de Granby présente un fort déficit en logement social, avec 5 unités de logements/1000 habitants, soit le plus bas taux par rapport à 19 autres villes de taille similaire au Québec. Selon le rapport annuel 2013 de l’OMH de Granby, 373 familles sont toujours en attente d’un logement HLM à Granby.

Pour consulter l'intégralité de l'avis, cliquez ici.

Pour plus d’informations, consultez le site Internet du GASP.

Rive Sud
Portait de l'itinérance à Longueuil- Table itinérance Rive Sud 2011
L'INTERVENTION EN ITINÉRANCE, UN DÉFI POUR LE QUÉBEC ET L'AGGLOMÉRATION DE LONGUEUIL

L'itinérance constitue l'expression de pauvreté extrême. Pour les hommes et les femmes qui la vivent, elle est synonyme de grande précarité, d'isolement ainsi que d'absence de logement et de ressource. Les conséquences qui en découlent affectent toute la société. La définition la plus courante et proposée dans le cadre de référence 2008 du Gouvernement du Québec se traduit comme suit : « La personne en situation d'itinérance est celle : […] qui n'a pas d'adresse fixe, de logement stable, sécuritaire et salubre, à très faible revenu, avec une accessibilité discriminatoire à son égard de la part des services, avec des problèmes de santé physique, de santé mentale, de toxicomanie, de violence familiale ou de désorganisation sociale et dépourvue de groupe d'appartenance stable.»

Le Québec, comme ailleurs dans le monde, n'échappe pas à ce phénomène qui est en croissance depuis plusieurs années. L'itinérance est surtout une réalité urbaine où l'on retrouve traditionnellement plus de ressources. L'Agglomération de Longueuil, de par son tissu urbain, sa proximité du centre-ville de Montréal et ses ressources communautaires, constitue donc un lieu fréquenté par les personnes itinérantes en quête de soutien. Il est important, pour toute étude portant sur l'itinérance, de bien faire ressortir la compréhension du phénomène et toute sa complexité. Le gouvernement du Québec a réalisé, au cours des dernières années, une étude exhaustive de la problématique itinérance par l'entremise d'une commission parlementaire qui a produit en novembre 2009 un rapport s'intitulant «Agissons ensemble ». Les travaux de la Commission ont finalement mené à un plan d'action interministériel 2010 - 2013. Cette importante recherche qui a sollicité tous les milieux apporte de nouveaux éclairages et des pistes de solution qui ont inspiré les lignes qui suivent.

L'itinérance revêt de multiples visages et présente divers niveaux de gravité. Elle ne se limite pas uniquement aux personnes sans domicile fixe, mais concerne aussi les personnes qui vivent des multi problématiques et qui par conséquent présentent des hauts risques de sombrer dans l'itinérance. Associée à l'origine à la population masculine, l'itinérance touche maintenant des femmes, des jeunes et des personnes âgées. Ces personnes présentent une grande vulnérabilité sur plusieurs plans, notamment ceux du logement et de l'emploi. En plus de ces facteurs sociaux, certains facteurs individuels constituent également des conditions pouvant mener à l'itinérance. Notons parmi ceux-ci la santé mentale, l'isolement social, les problèmes de consommation, de jeu ou de traumatismes importants tels des deuils, de la violence, des agressions, des placements à répétition, etc...

Pour consulter l'intégralité du rapport, cliquez ici. 

La Table Itinérance Rive-Sud célébrait le 15 novembre 2012 ses 10 ans d’existence, en présence de plusieurs alliés passés et présents, partenaires membres et sympathisants solidaires à cette grande cause sociale.

Parmi eux, le conseiller municipal de Longueuil Éric Beaulieu a annoncé son implication imminente avec la TIRS. La TIRS compte actuellement 24 membres et s’est organisée en «Communauté engagée pour lutter contre l’itinérance», avec l’ambition de réunir et faire collaborer toutes les bonnes volontés afin de lutter contre l’itinérance mais aussi de la prévenir.
Lors de cette soirée qui a réuni une centaine de personnes, les deux précédents coordonnateurs de la TIRS, Diane Delorme et Jean Casaubon ont été chaleureusement remerciés et invités à retracer l’histoire et le parcours de la TIRS. L’actuel coordonnateur, Marco Carpinteyro, a rappelé les enjeux en cours pour la TIRS: le travail autour de la mise en place d’une Politique en itinérance au Québec et les questions autour du financement fédéral, soutien important de la TIRS et de ses membres. Il a également souligné le fait que la lutte à l’itinérance passait impérativement par une dynamique de partenariat à construire ou développer avec institutionnels, politiques, milieu communautaire et citoyens.

Bulletin Mégaphone de la Table itinérance Rive Sud-mars 2014
Pour le consulter, cliquez ici. 

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