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Un premier rapport sur L’itinérance en Beauce-Sartigan, mai 2013

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Un regroupement de travailleurs du milieu communautaire de la région, l’organisme l’Accueil Inconditionnel, Le Bercail (membre du RSIQ), le CSSS de Beauce et la Sûreté du Québec Beauce-Sartigan ont dévoilé récemment les grandes lignes d’un rapport dressant un premier portrait de l’itinérance et la pauvreté dans la région.
Entrevue de Tommy Poulin, agent de liaison au Bercail de Saint-Georges, membre du RSIQ ayant activement participé à l’élaboration du rapport.

Quels étaient les objectifs de ce rapport ?
Le but de ce rapport était d'établir un état de situation au niveau de l'itinérance et de la pauvreté dans la MRC Beauce-Sartigan et aussi connaître les services offerts. Nous avions besoin d'un tel outil dans notre région afin de pouvoir démontrer que l’itinérance est une réalité et la faire reconnaître. De plus, nous avons eu la chance, grâce à ce rapport, de mieux connaître la perception des usagers et des intervenants afin de continuer sur des bases solides entre les deux parties.

Quelles sont les principales caractéristiques du portrait de l'itinérance et des risques d’itinérance dans votre région ?
La première caractéristique qui m'a frappé est le niveau de scolarisation très faible. 35% de la population de la MRC n'a aucun diplôme et 42% des 15 à 24 ans ont abandonné leurs études comparativement à 35% en Chaudière-Appalaches. C'est un écart important et cela signifie que ces jeunes ont moins de chances d'avoir un travail avec une bonne rémunération. Au niveau des conditions de travail et des habiletés à travailler, une personne sur 10 est incapable de travailler dans notre MRC pour des raisons de santé physique et/ou mentale. De plus 56% des prestataires d'aide sociale ont présentement une contrainte sévère à l'emploi. Ainsi, la MRC Beauce-Sartigan est la 3e plus pauvre de la région malgré un des quatre meilleurs taux d'emploi. Au point de vue de la monoparentalité, j'ai pu constater que le quart des familles vivent sous le seuil de la pauvreté. Finalement, 20% de la population ont une problématique de santé mentale. L’itinérance la plus répandue dans notre région est situationnelle, c’est aussi la moins visible.

Quels sont les principaux besoins des personnes usagères des ressources à St Georges de Beauce ? Y a t'il des offres de services manquantes et lesquelles ?
Il y a vraiment trois points majeurs sur lesquels les usagers se plaignent. Le premier est le manque de logements à prix modique et aussi le manque d'ouverture des propriétaires, Pour plusieurs, ils sont contents que les organismes communautaires soient là pour les supporter au besoin. Le deuxième est le transport. Ville St-Georges a établi le Taxibus il y a quelques années. Par contre, il fut assez évident que la population à faible revenu ne pouvait se permettre ce service car c'est assez dispendieux. Le dernier problème et non le moindre est le peu d'accès à des activités gratuites. Ces personnes ont besoin de se changer les idées surtout lorsqu'elles essaient d'arrêter de consommer. Malheureusement, nous devons payer pour la piscine, le terrain de de hockey, gym, activités par la ville etc. Si il est vrai que la ville a fait des efforts sur ce point, il faut cependant que l'information se rendent jusqu’aux personnes concernées. Pour finir, de nombreux préjugés subsistent. Les usagers souhaiteraient que la population les considère autrement, comme des personnes et citoyens comme les autres.

Votre organisme, Au Bercail de Saint-Georges, a contribué à ce rapport. Quelle est votre mission et les services offerts ?
La mission du Bercail est d'offrir de l'hébergement aux personnes sans-abri, en situation de crise et en transition pour stabiliser leur santé mentale. Il y a 23 lits de disponibles pour remplir ces trois missions. Les personnes ont la chance de pouvoir effectuer une réinsertion sociale centrée sur leurs besoins et de viser un objectif souhaité. Depuis l'an dernier, nous avons ajouté un service à l'externe qui se nomme l'Accueil Inconditionnel qui est situé juste en face du Bercail. Ce service a pour but de répondre aux besoins des personnes lorsqu’elles n'ont pas trouvé de solutions ailleurs.

Constatez vous une hausse des demandes et une évolution dans le profil et la situation des personnes que vous accompagnez ?
Au niveau de l'hébergement, la quantité de séjours s'est stabilisée dans les dernières années (environ 225-250 admissions par année). Par contre, nous avons pu constater l'augmentation des doubles problématiques (santé mentale et dépendance). Presque la moitié des personnes sont dans cette catégorie. La stabilité au niveau de l'hébergement est en partie due à la présence de notre service d'Accueil Inconditionnel. À plusieurs reprises, nous avons pu maintenir la personne dans son milieu et utiliser les services disponibles au lieu qu'elle vienne en hébergement chez nous.

Aussi, nous avons pu constater la grande problématique des amphétamines. C'est vraiment un problème majeur dans notre région. À chaque année, la clientèle est de plus en plus jeune et l'accessibilité de ce produit amène à développer une dépendance très tôt. Souvent les parents sont épuisés et ils décident de demander à leurs enfants de quitter. Cependant, leur niveau d'autonomie est très bas et les psychoses toxiques sont de plus en plus nombreuses. Ils ont très peu d'habiletés de base pour aller en logement et finalement, ils atterrissent au Bercail.

Consultez le rapport dans son intégralité

Membres du RSIQ