Des milliers d'appuis recueillis pour une Politique québécoise en itinérance
 
Les membres du RSIQ se sont rassemblés à la Place Émilie-Gamelin le 16 mai 2008 pour dévoiler les milliers d'appuis reçus à une campagne revendiquant une Politique en itinérance qui soit globale et cohérente.
Cette action publique – qui se tient en même temps qu'un forum national de deux jours sur la participation citoyenne également organisé par le RSIQ – tend à renforcer la demande adressée depuis près de deux ans au gouvernement du Québec.

Au cours des derniers mois, des centaines de groupes communautaires ont signifié leur soutien au RSIQ : dans toutes les régions du Québec, dans les grands centres et les régions, des groupes œuvrant auprès des personnes démunies, des femmes en difficulté, des jeunes, etc. et des mouvements tels que le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front commun des personnes assistées sociales, ou la Ligue des Droits et libertés. Des milliers de personnes – dont plusieurs dizaines de personnalités publiques - se sont aussi joints à cette campagne : membres militants et usagers de groupes communautaires, élus (tels Pauline Marois), artistes (tels Dan Bigras ou Dany Turcotte), chercheurs, médecins (Réjean Thomas), etc. Des municipalités telles que la Ville de Montréal ont aussi joint leur voix pour réclamer une Politique québécoise.

droit de cité

Le RSIQ déplore qu'actuellement, les politiques publiques soient insuffisantes pour endiguer l'itinérance, et qu'elles soient de plus souvent en contradiction. Par exemple, les politiques de sécurité publique chassent les personnes itinérantes des centres villes et des endroits où leur présence est trop visible, notamment par l'émission de contraventions délivrées de façon discriminatoire aux gens de la rue et par des règlements, comme celui sur le flânage à Québec ou la fermeture des parcs à Montréal. Ceci nuit au travail des organismes communautaires souvent financés par la santé publique en les empêchant de rejoindre les personnes. « Adopter une Politique, c'est se doter d'une perspective globale, amener plus de moyens à la lutte à l'itinérance, mais aussi améliorer les moyens déjà en place. » déclarait Nathalie Rech, coordonnatrice du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec.

La demande du RSIQ chemine, puisque dans les prochains mois, on assistera à une commission parlementaire sur le sujet (prévue à l'automne de cette année) et à la poursuite d'un travail interministériel d'élaboration d'un plan d'action en itinérance. Le Ministre Couillard lui-même avance dans sa réflexion sur le dossier puisqu'il a sollicité 5 autres ministères pour travailler à ce plan d'action.

La mobilisation se poursuivra dans les prochains mois et les membres du RSIQ ne cesseront de réclamer une Politique en itinérance qui amènerait le gouvernement à s'attaquer aux facteurs sociaux producteurs d'itinérance et d'exclusion : notamment, en rehaussant aide sociale et salaire minimum, en construisant davantage de logements sociaux et en encadrant le marché privé duquel disparaissent les logements financièrement accessibles, tout en continuant d'améliorer les moyens donnés aux groupes communautaires pour aider les personnes en situation d'itinérance.